Battre le CAC 40

Pour mes amis européens, battre le CAC 40 est un objectif tant désiré pour leurs portefeuilles boursiers.  Est-il possible de faire mieux que la moyenne du marché sans être un expert dans la sélection d’entreprises publiques?  Il existe une méthode relativement facile pour y arriver.  

 

IIl s’agit d’une méthode bien connue ici en Amérique.  Regardons ensemble comment on peut battre le CAC 40 et améliorer la performance de notre portefeuille boursier.

 

Il y a environ un mois, j’ai écrit un article invité sur le blog Mes Finances Perso de mon ami blogueur CC.  Je voulais faire part aux lecteurs et investisseurs qu’il existe des méthodes relativement simples pour investir à la bourse.  
 
Ces façons sont du genre mécanique, c’est-à-dire que l’on doit appliquer une série de critères précis pour finalement arriver à sélectionner les titres qui composeront le portefeuille.  Mon exemple s’appliquait sur le plus connu des indices bousiers, soit le Dow Jones.
 
Dans la série de commentaires qu’à connu mon article, on m’a demandé si une telle stratégie existait en France pour battre le CAC 40.  Et bien, j’ai une bonne nouvelle pour vous.  Cette méthode est parfaitement reproductible pour tous les indices boursiers, dont le CAC 40.

 

C’est quoi ça le CAC 40

D’entrée de jeu, je vais expliquer ce que veut dire le CAC 40 pour ceux qui considèrent cette expression comme du chinois.  Pour les Français c’est sans doute une évidence puisque vous êtes bombardé à tous les jours au journal télévisé de la volatilité qu’a connu le CAC durant la journée.  Pour les autres, c’est peut-être plus abstrait.
 
En fait, le CAC 40 est le Dow Jones français.  C’est le principal indice boursier de la France. L’abréviation CAC veut dire Compagnie des Agents de Change.  Pour le chiffre 40, vous aurez deviné que cela veut simplement dire que cet indice boursier est composé de 40 entreprises.
 
Pour les Québécois, vous vous demandez sans doute quelles sont ces compagnies françaises qui peuvent composer le CAC.  Vous serez étonné que beaucoup de ces entreprises soient connues de notre côté de l’océan.  Voici quelques exemples:

  • Total (la très grosse pétrolière dont la famille Desmarais détient des parts à travers la Financière Power)
  • Pernod Ricard (qui fabrique et distribue les liqueurs Malibu, Absolute Vodka et le fameux Ricard)
  • Sanofi-Aventis (grande pharmaceutique, dont Warren Buffett détient plus de 25 millions d’actions)
  • Danone (qui n’a pas mangé un yaourt Danone au Québec?)
  • Lafarge (cimenterie internationale qui possède des actifs dans notre belle province)
  • L’Oréal (clin d’oeil ici à ma conjointe…)
Voilà, bien que Paris se trouve à plus de 6h d’avion, plusieurs entreprises françaises font des affaires au Québec.

 
Le secret est dans les dividendes

Le principe de la méthode repose sur les rendements en dividende et leurs avantages.  Je ne veux pas expliquer en détail le fonctionnement des dividendes et les effets positifs qu’ils apportent à l’investisseur.  Ce seul sujet pourrait faire un article en entier (je vous jure que je vais en faire un sur ce sujet 🙂 ).
 
Pour résumé, les dividendes sont une portion des bénéfices que la compagnie redistribue à ses propriétaires… ses actionnaires.  En général, si l’entreprise redistribue une part de ses profits, c’est parce que les affaires vont bien.  
 
Je dis bien en général, parce que c’est loin d’être une certitude que votre entreprise est en santé si elle vous verse des dividendes.  Au Québec, des entreprises comme Yellow Média et Colabor on appauvrit énormément leurs actionnaires récemment, même si un dividende existait.
 
Bref, faisons une règle générale (en sachant que chaque règle a ses exceptions) en disant que les dividendes sont souvent une force pour le rendement potentiel d’un investisseur.  Ainsi, la stratégie reposera sur la sélection des entreprises qui versent le plus de dividendes à ses détenteurs d’action.
 
Comment est-il possible de battre le CAC 40

La stratégie mécanique que je vais vous expliquer utilise justement la force du dividende.  Il faut comprendre que le rendement en dividende est calculé par rapport au prix de l’action.
 
Étape 1: calculer le rendement en dividende

L’action de Total se négocie aujourd’hui à 36,51euro.  La compagnie verse un dividende de 2,28 euro /action.  Le rendement en dividende de Total est donc de 6,24%, soit 2,28/36,51 * 100%.  Ce simple petit calcul est à la base de la stratégie.
 
À présent, vous êtes capable de calculer le rendement en dividende de n’importe quelle action.  Génial non :-).
 
Étape 2: établir le rendement en dividende de tout le CAC 40
 
Puisque l’on sait comment établir le rendement en dividende d’un titre boursier, faisons-le pour les 40 titres de l’indice parisien.  Une fois calculé, classer les rendements obtenus du plus grand ou plus petit.
 
Étape 3: composition du portefeuille
 
Cette étape est la plus facile.  Parmi les 40 titres du CAC 40, vous conservez seulement les 10 titres ayant le rendement en dividende le plus élevé.
 
Étape 4: fermer la télé et la radio pour un an
 
Il s’agit en fait de conserver son portefeuille durant 365 jours.  Peu importe les évènements et les nouvelles économiques, vous ne touchez pas à votre portefeuille.  C’est seulement après un an que vous allez bouger.  Encore une fois, de manière mécanique, vous refaites les étapes 1 à 3 pour choisir vos titres.  Ensuite, vous vous assoyez sur vos lauriers durant encore un an.
 
Quel est le rendement de cette stratégie

Malheureusement, nous possédons moins de données historiques pour cette stratégie en France que l’on en possède pour les États-Unis.
 
Cependant, André Gosselin, auteur du livre Investir dans les titres de grandes entreprises, s’est penché il y a quelques années sur le rendement de cette stratégie pour battre le CAC 40.  
 
De 1996 à 1999, la stratégie en question a procuré un rendement de 29,14%/an, tandis que l’indice donnait un rendement de 25,44%/an sur la même période.
 
Il est évident que la durée de cette étude est très courte.   Pour évaluer une stratégie boursière, nous avons besoin d’au moins 5 ans voir 10 ans… question de traverser 2 à 3 cycles économiques.  Mais tout de même, les bases de la stratégie sont pleines de bon sens et je ne vois pas pourquoi cela ne fonctionnerait pas en France, quand ça fonctionne aux USA.

 

Comment fonctionne la stratégie

Puisque vous savez maintenant comment calculer le rendement en dividende d’une entreprise, il est facile de comprendre comment il peut évoluer dans le temps.  Je reprends mon exemple de Total.
 
Le rendement en dividende est présentement de 6,24%.  Si l’action chute à 25 euro, l’entreprise versera encore son dividende de 2,28.  Alors, son rendement en dividende est maintenant de 9,12% (2,28 / 25).
 
En sélectionnant les titres ayant de hauts rendements en dividende, on se retrouve à sélectionner les titres sous-évalués du marché.  C’est pour cette raison qu’il devient possible de battre le CAC 40. Le risque d’un retour à la hausse est fortement probable.  En attendant, nous avons le revenu de dividende pour patienter.
 
N’est-ce pas la logique de l’investissement boursier: acheter bas et vendre haut?

De plus, en étant mécanique, cette méthode ne fait aucunement place aux émotions.  C’est une des erreurs les plus fréquentes en investissement boursier.  Les émotions sont souvent les pires variables pour déterminer quand acheter et vendre un titre boursier.  Cette méthode empêche ce biais qui peut nuire grandement aux investisseurs… tant à leur santé financière que mentale!!!

 

Connaissez-vous cette méthode d’investissement?
 
Quels sont vos critères pour la sélection vos titres du CAC 40?

 

Depuis un an, j’applique dans un portefeuille virtuel cette stratégie pour le CAC 40.  Avec le temps, je serai en mesure d’amasser suffisant de preuves et de statistiques pour affirmer que cette méthode est aussi valable que celle pratiquée sur le Dow Jones.

5 Replies to “Battre le CAC 40”

  1. J’ai très apprécié votre article qui m’a donner envi d’investir en bourse. Mais j’ai quelques question vis-à-vis des différentes étapes.
    « Étape 1: calculer le rendement en dividende
    L’action de Total se négocie aujourd’hui à 36,51euro. La compagnie verse un dividende de 2,28 euro /action. Le rendement en dividende de Total est donc de 6,24%, soit 2,28/36,51 * 100%. Ce simple petit calcul est à la base de la stratégie. »

    Imaginons que je classe les actions suivant le rendement en dividende le 24/04/2011. Par curiosité je recommence le 27/04/12. Est-ce que les 2 classements ainsi obtenus sont ils identiques ? A l’évidence non car le rendement en dividende dépend du dernier offert et du cours de l’action qui est variable. En 3 jours tout peut changer et les entreprises au top du 1er classement peuvent se retrouver bonne dernière dans le second classement. Dès lors à quel classement dois-je me fier, celui du 24 ou celui du 27 ?

    « Etape 2: établir le rendement en dividende de tout le CAC 40
    Puisque l’on sait comment établir le rendement en dividende d’un titre boursier, faisons-le pour les 40 titres de l’indice parisien. Une fois calculé, classer les rendements obtenus du plus grand ou plus petit. »

    Je comprends pourquoi avoir choisi le CAC 40, mais ce choix ne limite t-il pas nos occasions ? En effet nous pourrions imaginer un classement construit à partir de la centaine d’entreprise qui compose l’eurolist compartiment A. Nous aurions alors beaucoup plus d’opportunités. Est-ce trop dangereux ?

    « Étape 3: composition du portefeuille
    Cette étape est la plus facile. Parmi les 40 titres du CAC 40, vous conservez seulement les 10 titres ayant le rendement en dividende le plus élevé. »

    Tout simplement pourquoi 10 titres ?

    « Étape 4: fermer la télé et la radio pour un an
    Il s’agit en fait de conserver son portefeuille durant 365 jours. Peu importe les évènements et les nouvelles économiques, vous ne touchez pas à votre portefeuille. C’est seulement après un an que vous allez bouger. Encore une fois, de manière mécanique, vous refaites les étapes 1 à 3 pour choisir vos titres. Ensuite, vous vous assoyez sur vos lauriers durant encore un an. »

    La stratégie demande de faire 1 unique opération par an. C’est une stratégie passive qui a l’avantage de générer peu de frais. Mais ne pourrions nous pas refaire les étapes 1 à 3 par trimestre afin ? Si oui alors pourquoi ne pas le faire par mois ou par semaine ?

    Merci de vos réponse =)

    • Bonjour Richard,

      Ce sont de très belles questions qui méritent de bonnes réponses :-). Alors, pour l’étape 1 tu as parfaitement raison. Ce qui veut dire que tu as compris la méthode. C’est certain que le classement varie en fonction des jours, puisque la bourse elle-même varie tous les jours. Alors, tu classes tes titres, disons le 26 au soir à la maison pour les acheter le 27 au matin. Cette technique est mécanique, alors il ne faut pas trop interpréter. Il faut agir comme un robot. C’est sans doute la partie la plus difficile. Les humains ont tendance à toujours interpréter, surtout quand il est question d’argent.

      Pour l’étape 2, ta question confirme que tu comprends encore une fois la méthode. Je parle du CAC 40 pcq des études ont été faites sur cet indice. Mais je suis convaincu que la méthode fonctionne sur un indice plus large. Aux USA, la méthode est connue pour bien fonctionner sur le Dow Jones. Des statisticiens ont essayé la méthode sur des indices plus larges comme le S&P 500 et les résultats sur le long terme battaient aussi l’indice. Alors, pourquoi pas pour le marché parisien. Par contre, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’étude là-dessus. Il serait peut-être intéressant de bâtir un portefeuille virtuel pour voir le rendement de cette méthode appliquée à ton indice de référence.

      Pour l’étape 3, les 10 titres sont basés sur la méthode du Dow Jones. Alors, instinctivement, la technique sur le CAC 40 est basée sur 10 titres aussi. Par contre, il y a sans doute d’autres raisons qui expliquent cela. Avoir plus que 10 titres augmentent tes achats… et des ventes un an plus tard. Ceci aura comme conséquence de multiplier des frais de transactions et ces commissions iront dans les poches de ton courtier au lieu d’être dans les tiennes. Une raison plus importante selon moi est que plus on aura de titres, plus on se rapprochera de la composition de l’indice et donc, de son rendement. Étant donné que l’objectif est de battre l’indice, il faut être un peu différent. En passant, il existe une variante de la méthode qui utilise 5 titres au lieu de 10, autant pour le Dow Jones que pour le CAC 40.

      Pour l’étape 4, je me souviens que j’ai déjà lu que des essais avaient eu lieu pour tester tes suggestions ( achat par trimestre, par semaine, etc…) De mémoire, les résultats étaient variables et donc, moins prédictibles. De plus, le but est d’investir avec cette méthode et non de spéculer. Alors, de grosses capitalisations comme le CAC 40 ne varieront pas tellement sur quelques jours ou semaines. Je crois que l’étude disait qu’aux six mois, les résultats semblaient bons… mais c’est sur toute réserve. La méthode a plutôt été testée sur 365 jrs. De plus, l’objectif de cette méthode mécanique est d’investir en bourse sans trop se casser la tête et d’être rivé devant l’écran tous les jours. Alors, changer ton portefeuille chaque semaine ne devient pas vraiment passif. Et comme du le mentionne, les frais de transactions viendront gruger tes rendements rapidement.

  2. Bonsoir admin,
    Vos réponses m’ont convaincu de me lancer dans l’aventure. Je vais investir 2000 euros sur 5 valeurs cotées sur l’eurolist compartiment A et revoir mes positions tous les 6 mois. Mon objectif est d’obtenir un produit égale à 250 euros net par an. Je comparerai mes performances avec le compartiment A mais aussi avec la performance annuelle d’une simulation d’un portefeuille de 5 actions cotées sur le cac 40.
    Merci pour vos informations =)

  3. Intéréssant cette stratégie pour battre le CAC 40. En revanche je reste perplexe quant à notre capacité à réelemnt devenir riche avec la bourse. Je connaissais un type qui investissait 10 000 euros en bourse en permanence. il jouait pas mal et tirait 15 à 20 % de rentabilité à l’année. Mais une fois les impôts enlevés, il ne lui restait que 1000 euros en poche. On est loin d’une vie de richesse !

    • Et bien, effectivement si tu « joues » à la bourse et que tu es capable de produire 20% de rendement par an, tu te retrouves avec des revenus de 2000$/an (10 000 * 20%). Avec un taux de 50% d’impôt (pour simplifier le calcul), il te reste bel et bien 1000$ dans tes poches. Mais imagine si tu investis ce 10 000$ toujours à 20%, mais en ne spéculant point. Tu te retrouves à différer ton impôt. Et là ça devient payant. Dans 5 ans, tu te retrouves avec près de 25 000$, au lieu de 5000$ (5 * 1000$). Je pense que l’investissement en bourse est un des piliers à utiliser pour se construire une belle aisance financière. Du moins, moi je l’utilise…