Connaissez-vous votre personnalité financière?

Une des premières choses dont vous parlera un conseiller financier sera par rapport à votre personnalité financière.  Bien que j’aime plus ou moins ce genre d’approche, le conseiller est dans l’obligation de vous « évaluer ».  Pour agrémenter votre expérience, voici un peu à quoi vous attendre.

Dans mon préambule, j’affirme que j’aime plus ou moins ces tests maison que font les conseillers et les institutions financières pour évaluer le degré de connaissances ou la personnalité financière du client.  Ce test de personnalité financière est truqué d’avance!  Je vous explique mon raisonnement.

Le test de personnalité financière

En premier lieu, dites-vous que si cela ne vous dit rien, il y a anguille sous roche.  Effectivement, les conseillers sont obligés de vous évaluer afin de bien vous diriger vers le produit financier qui répondra à vos besoins.  Par conséquent, il manque à leur devoir si aucune évaluation n’est produite.

Bien que ce test de personnalité financière est obligatoire, il est truqué d’avance.  Avec une série de questions, on pourra analyser vos réponses.  Celles-ci détermineront votre profil d’investisseur et vont aguiller votre conseiller pour bien vous….conseiller.

Je n’aime pas ce test puisqu’il a tendance à classer les gens dans des produits peu payant à long terme.  Les investisseurs passent à côté de quelques choses qui n’a pas sa raison d’être.

Par exemple, on vous demandera si vous êtes à l’aise à perdre de l’argent.  Votre réponse sera évidemment non.  Qui veut perdre de l’argent?  Ce genre de réponse vous condamne à être catalogué comme un investisseur prudent et conservateur, vous limitant  ainsi à des produits donnant de faibles rendements.

Pourquoi ne pas vulgariser et expliquer au client que la perte d’argent est sur papier.  Que les marchés financiers fluctuent à court terme, mais permettre de battre l’inflation à long terme.  En comprenant davantage les choses, les gens pourront sans doute dire: oui, je veux perdre de l’argent!!

personalité financiere

 

Préparez-vous à répondre

Le gros des questions des tests de personnalité financières tourneront sur le thème des la tolérance aux risques et de l’intérêt que vous avez pour le monde du placement.  Voici une brève explication pour que vous soyez en mesure de bien répondre à ces questions.

 

Votre tolérance au risque

Ici, tout est une question de longévité.  Comme je le disais ci-haut, les marchés financiers sont gagnants à long terme, et très volatils à court terme.  Dans une optique de placement, pensez alors à long terme (5-10 ans minimum).  La volatilité aura peu d’impact sur le marché quand vous saurez que la vente aura lieu dans plusieurs années permettant au marché de remonter.

Votre revenu gagné risque d’être parmi les questions élaborées.  Le but étant de dire que plus on gagne d’argent, plus il est probable que l’on soit souple face aux cours boursiers et aux pertes sur papier.  L’important, à mon avis, n’est pas de savoir combien vous gagnez, mais de ne pas investir l’argent que vous n’avez pas les moyens de perdre.

Qu’est-ce que vous voulez faire avec votre argent.?  L’objectif principal de votre portefeuille aura un impact sur la volatilité à tolérer.  Si votre but est de constituer un coussin pour votre retraite, vous allez être moins apeuré de voir votre portefeuille baissé un peu vs si vous aviez besoin de cet argent pour le voyage de l’an prochain.

Vos connaissances en placements

Pour améliorer ses émotions à la bourse, il faut améliorer ses connaissances.  Ainsi, on vous demandera sans doute si vous suivez les nouvelles économiques et boursières.  Lisez des livres sur le sujet de temps à autre.  Suivez-vous le blogue Comprendre vos finances (je ne crois pas que l’on vous posera celle-là :-) .

Votre attitude sera sans doute évaluée.  Quelle sera votre réaction si le marché baisse?  Y aura-t-il de la panique dans l’air?  Allez-vous dire que ce placement est pour le long terme et que le tout reprendra de la vigueur à travers le temps?

 

En conclusion, je pense que ce test de personnalité financière n’aide personne.  Avec ce test, on évalue mal les besoins des clients.  Le but est plutôt d’expliquer aux gens comment fonctionnent les finances personnelles et d’optimiser celle-ci.  C’est le rôle du conseiller après tout.  On devrait plutôt accompagner les gens dans l’acquisition des connaissances pour que les bons choix en matière de placement se fassent.

 

Avez-vous déjà rempli un tel questionnaire?

Êtes-vous plutôt conservateur ou agressif?

Dans le fonds, ma maxime préférée est « connaissances = pouvoir ».  Si le conseiller prend le temps d’écouter et d’expliquer les choses à son client, il n’y a pas de raisons que les choix d’investissement soient inopportuns.  Encore faut-il que le conseiller prenne le temps de vous épauler.

 

3 commentaires à propos de “Connaissez-vous votre personnalité financière?

  1. Salut Mathieu,
    Comme toi, je n’ai jamais bien aimé ce questionnaire que je trouve, d’une part biaisé; et d’autre part, totalement inefficace. Entendons nous bien, on se fait poser les mêmes questions à chaque année. Il suffit de changer ses propres réponses pour changer de catégorie. Toutefois, en restant honnête, je pense que 95 % de la population rentre dans la même case : modéré!
    Les conseillers des banques et autres caisses ne sont que très rarement en mesure de vraiment nous expliquer les tenants et les aboutissants des différents placements offerts. Ils sont plutot du genre : « le questionnaire dit que vous êtes tels profil alors voici LE placement pour vous ». Mais rien n’est expliqué… ou si peu!
    J’ai l’impression qu’ils se servent de cet outil obligatoire pour ne plus avoir à « travailler » avec le client. Le questionnaire donne la réponse sans effort, pourquoi aller plus loin ? Non ?
    Si je regarde mon expérience personnelle, j’ai eu au moins 7 ou 8 conseillers différents en 15 ans et aucun ne m’a donné l’information que je suis allé chercher par moi-même par la suite en très peu de temps. Aucun ne m’a présenté plusieurs produits en m’explicant les risques, le long terme, les frais de gestions, etc. Bref, tout ce que je peux trouver et comprendre sans grande difficulté grace à Morningstar.
    Les conseillers des caisses et des banques sont-ils devenus des lâches ? L’outil de l’AMF (le fameux questionnaire obligatoire) les aurait-ils donc réduit à de simples caissiers ?

    • Ton commentaire est très pertinent Philippe. C’est le feeling que je reçois lorsque je discutes avec des gens qui font affaire avec de grandes institutions financières pour la portion « placement » de leur finances personnelles. Ils se considèrent souvent comme un numéro. On vous identifie un profil et cela vient avec un portefeuille déjà préfabriqué.
      C’est une des raisons pour laquelle je tente d’inciter les gens à gérer leurs placements, ou une partie du moins. On est jamais mieux servit que par soi-même.
      Évidemment, il faut maîtriser d’autres aspects, comme la gestion de ses humeurs et de ses émotions. Il y a aussi des connaissances à acquérir. Par contre, ce sont toutes des choses qu’il est possible de faire. Et curieusement, souvent les conseillers des institutions auront moins de connaissances qu’une personne voulant en connaître beaucoup. Ce dernier va prendre le temps de lire des livres ou des rapports annuels pour comprendre un peu les choses par exemple.

      Il est certain qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Il existe sans doute des conseillers qui vulgarisent et expliquent la nature du monde du placement. Ceux-ci deviennent de véritables conseillers à mon avis. Personnellement, je pense que les conseillers indépendants possèdent plus de liberté pour accomplir leur fonction par rapport aux banques. J’imagine que l’on demande aux employés de ces institutions de performer et d’atteindre des rendements… ce qui fait souffrir sans doute l’esprit de « conseiller » que devrait avoir ces gens là.