La conclusion des fonds éthiques

Récemment, je parlais des fonds éthiques.  Je me demandais s’ils avaient une place dans nos portefeuilles.  Après 3 semaines de recherches, voici ce que je retire des fonds éthiques.

 

Ceci est la suite de mon article sur l’investissement responsable. J’ai pris le temps au cours des 3 dernières semaines de regarder quelques rapports annuels de fonds éthiques pour regarder le type d’entreprise qui composent ceux-ci.  Bien que ma recherche n’est pas vraiment scientifique, je me suis tout de même amusé à comparer quelques fonds.

 

Le rendement des fonds éthiques

Honnêtement, j’aurais pensé que les rendements étaient bien ordinaires dans cette sphère d’activité.  Pourtant, la plupart des fonds éthiques que j’ai regardés avaient des rendements en moyenne de 5-6%, dont certains avaient 8% et d’autres -1%.  
 
Ce sont des rendements annuels sur une période de 10 ans.  Alors, point de vue rendement, je ne pense pas que les fonds éthiques sont à proscrire dans nos portefeuilles. Ils font aussi bien que les autres types de fonds.

 

Maintenant, ça se complique

C’est en regardant les titres boursiers dans les portefeuilles des fonds éthiques que je trouve que l’investissement responsable se complique.  Plusieurs d’entre eux possèdent des titres dont l’éthique peut être mise en doute, tout dépendamment de vos critères.

 

Plusieurs de ces fonds éthiques possèdent des banques en portefeuille. Les banques canadiennes ne sont-elles pas reconnues pour être très présentent dans les paradis fiscaux ?  
 
Beaucoup de pétrolières également, avec les conséquences environnementales possibles que l’on connaît. Des entreprises avec de lourds passés en matière de conflit de travail, comme le CN, figurent aussi sur la liste des titres détenus par les fonds éthiques.

 
Alors, bien que je trouve qu’investir dans ce genre d’entreprise soit intéressant en tant qu’investisseur, j’en conclut tout de même que le mot « fonds éthiques » est toute de même assez relatif et que l’on ne doit pas penser que mettre son argent dans ce type de fonds communs nous amène immédiatement au ciel à l’heure de notre mort. Cela me semble assez marketing.

 

Une petite exception

Durant ma petite recherche, j’ai vu une entreprise vendant des fonds éthiques qui semblaient un peu plus sérieux. Dans le sens où il expliquait les raisons de leurs choix et les modifications qu’ils tentent d’apporter en étant actionnaires dans ces entreprises.
 
Par exemple, ils ont demandé plus de transparence dans les décisions de rémunération des dirigeants chez Coca-Cola, convaincu Telus de mettre sur place un code de déontologie, d’établir des liens positifs entre l’exploitation et l’environnement de Canadian Natural Ressource ou à Heinz d’exploiter l’huile de palme en diminuant autant que possible l’impact négatif sur l’environnement.
 
Évidemment, ils ne peuvent changer le monde.  Le pourcentage de parts que détient le fonds dans ces entreprises les empêche de tout changer et de mettre en place ce qu’ils souhaitent vraiment.  Mais bon, j’imagine que c’est mieux que rien.
 
En conclusion, je ne pense pas que l’investissement dans les fonds éthiques soit véritablement le but de ces fonds.  Le but est toujours le même: donner du rendement aux porteurs de parts et surtout, d’apporter de plus en plus d’actifs au sein du fonds.
 
La raison est simple: les gestionnaires sont payés la plupart du temps en pourcentage de l’actif sous gestion.  Ainsi, plus le fonds est populaire et attire les investisseurs, plus il y aura de l’argent sous gestion…. plus la paye sera bonne.
 
Et pour bien paraître en matière de rendement, je crois malheureusement que les fonds éthiques n’ont pas le choix de posséder des banques ou de grosses compagnies parce que les autres en possèdent.  Dans ce milieu, on se compare souvent aux autres.  
 
Faire différemment n’est souvent pas la solution envisagée.  Bref, je ne pense pas que les fonds éthiques servent réellement les intérêts des écologistes.

 

Quelle est votre opinion là-dessus ?
 
Croyez-vous que je vois tout en noir ?

 

En matière de placement, je continuerai à choisir des entreprises rentables se vendant à bon prix. Pour le volet éthique de mes placements, je crois que je suis le mieux placé pour en juger.

9 commentaires à propos de “La conclusion des fonds éthiques

  1. Bonjour,

    Pour ma part, mon entreprise a mis en place un plan d’épargne entreprise (PEE) basé sur des fonds éthiques. Au final, derrière fonds éthiques, il y a tout un tas de critères et il suffit aux entreprises côtés de se mettre d’équerre avec ces critères et pas un de plus et ils peuvent être éligible au fond.

    Du coup, dans ces fonds éthiques, on retrouves les banques à paradis fiscaux, les pétrolières… Bref au final, ce n’est pas des critères qui mènent vraiment à de l’éthique.

    Comme toujours, il vaut mieux se fier à soit même et investir dans des entreprises qu’on connaît et dont on à confiance en l’éthique si on veut véritablement être « éthique ».

  2. Je pense aussi que les fonds éthiques ressemblent bien en effet à un produit marketing à la mode qui est plutôt là pour prendre des frais sur un actifs sous-gestion le plus élevé possible que pour performer ou servir de nobles causes

    • Je pense malheureusement comme ça moi aussi. je pense que c’est nous qui devons « régir » nos placements éthiques au lieu de les laisser sous la gestion du fonds éthiques à proprement parlé.

  3. Alors, il n’y aura jamais de fonds éthiques? Est-ce que l’argent et l’écologie ou l’éthique ne pourront jamais cohabiter?

    • Non, mais je crois que de se fier entièrement à ces compagnies est un erreur. En parcourant les titres de leur portefeuille, certains titres ne sont pas « éthiques » selon mes critères. Alors, oui, il est possible d’investir éthique, mais je pense que c’est nous qui devront investir l’argent et non le confier à des gestionnaires…. pour être certain que l’argent est investi éthiquement, selon nos propres critères.

      En passant, je ne dis pas que tous les fonds de ce genre sont mauvais, mais disons que la majorité d’entre-eux sont très « flexibles » dans leurs critères.

    • oui, moi aussi. En fait, je fais les deux. J’investi moi-même une portion de mon argent et je confie l’autre portion à un gestionnaire qui a la même philosophie que moi. La raison de tout ça est que je me libère ainsi du temps, et une portion de ce temps me sert pour créer autre chose (immobilier, internet, etc…). Une partie de mon pilier bourse est géré de manière passive, puisque c’est un autre qui le fait. Cependant, je continue à gérer moi-même l’autre portion pcq je veux rester à jour, garder la main, surveiller mon gestionnaire et évidemment, cela serait bizarre de vous proposer des trucs sur ce pilier si je ne le fais pas moi-même, non?

  4. Il s’avère que mon ancien job m’a amené à fréquenter d’assez près des fonds éthiques (ou pas) et j’en tire comme enseignement qu’il n’y a souvent d’éthique que le nom. Même quand les participations le sont, les méthodes de management elles ne le sont absolument pas. C’est juste un moyen de se donner bonne conscience…