Investir dans la Banque Royale ?

Dans le journal Les Affaires de cette semaine, on parle de la Banque Royale.  Effectivement, la journaliste Marie-Claude Morin dresse un portrait des banques favorites des gestionnaires de portefeuille.  Ceux-ci présentent trois banques à posséder selon eux, dont la Banque Royale.  Je suis un peu perplexe sur ce choix.  Voici mes motivations

 

De l’an 2007 à l’an 2009, j’ai possédé des actions de la Banque Royale.  J’avais acheté les actions à un prix de 50,05$ à cette époque, pour les revendre deux ans plus tard à 57,30$.  J’avais donc obtenu un rendement de près de 11% (incluant le dividende).  
 
Ce rendement ne fût pas exploser mon portefeuille, mais tout de même, le TSX (indice boursier de Toronto) avait fait -16,7% durant la même époque.  Voici les raisons de ma vente en 2009 (eh oui, je suis maniaque à ce point de finance pour écrire ce que je fais et les raisons qui me poussent à agir:

  • Le sommet des 52 dernières semaines de l’époque était de 57,63$  (je vendais donc dans le haut)
  • Les perspectives de croissance étaient moins bonnes selon moi ( on sortait de la crise des liquidités de 2008)
  • L’évaluation du titre était élevée avec un ratio cours/bénéfice de 29,1x (la moyenne de l’époque était de 13-14x)
  • J’avais trouvé une opportunité intéressante pour remplacer ce titre par TransCanada au prix de 32,37$ (je possède encore le titre et il est maintenant à 43,47$)
  • Je possédais des pertes en capital me permettant ainsi de ne pas payer d’impôt, même en faisant de l’argent en vendant la Banque Royale
Bref, depuis ma vente de 2009 au prix de 57,30$, deux ans plus tard, le titre n’a rien fait et se négocie actuellement à 56,67$.  Puisqu’elle est au même prix, certains peuvent croire que le moment est venu de racheter la Banque Royale; je ne suis pas convaincu.

 

Regardons ce que l’on achète

Pour ceux qui l’ignoraient, la Banque Royale est la plus grosse banque du pays avec des revenus de près de 36 milliards.  Il va de soi que c’est une bonne entreprise.  La réputation de cette banque n’est pas à refaire.  Par contre, le contexte de faible taux d’intérêt me fait douter que cette banque puisse augmenter sensiblement ses revenus et surtout, ses bénéfices.

 

Aussi, j’appréhende un contexte d’inflation dans les prochaines années.  Avec tout l’argent que les gouvernements ont injecté dans le système, il sera normal de voir une inflation des prix selon moi.   Comme toutes institutions financières, un contexte de hausse au niveau du taux d’inflation est extrêmement pervers.

 

Finalement, le boom immobilier et la hausse des prix des résidences personnelles me font douter de la santé de ce secteur.  Puisqu’il s’agit d’un secteur important pour les banques, c’est une variable à ne pas négliger.  Jusqu’à maintenant, le marché immobilier canadien tient le coup.  Peut-être qu’il ne subira pas des baisses importantes comme nos voisins du sud, mais peut-être pas?  
 
Dans un tel contexte, les banques devront sans doute rappeler des prêts ou même rayer des actifs à leur bilan diminuant ainsi la valeur de la banque.

 

Bref, je trouve que le secteur financier canadien est difficile à évaluer présentement. Personnellement, je pense qu’il y a beaucoup trop de variables difficiles à évaluer pour s’aventurer dans ce secteur, même si le prix de l’action n’a pas bougé depuis 2 ans.

 

Combien vaut la Banque Royale

En fait, c’est ça qu’il faut estimer pour voir si notre argent pourra profiter en étant actionnaire de cette entreprise.  Pour ma part, j’essaie toujours d’estimer les profits de la compagnie sur les 5 prochaines années .  Pour la Banque Royale,  compte tenu de la grosseur de la compagnie, je pense qu’un taux de croissance de 6%/an est réaliste et conservateur.  
 
En appliquant ce taux de 6%, un bénéfice de 4,27$/action en 2016 est possible.  Puisque le cours/bénéfice moyen de la Banque Royale est de 13x, on arrive à un prix de 55,51$ (13 * 45,27).  Le titre est actuellement à un peu plus de 56$.  Donc, avec ce scénario, on ne fait pas d’argent.

 

Je regarde aussi toujours le rendement de l’avoir des actionnaires (ROE), parce que celui-ci est carrément le pouls de l’entreprise.  Le ROE moyen sur 10 ans de la Banque Royale est de  15%.  En utilisant le ROE, on peut aussi estimer dans 5 ans qu’elle sera la valeur de l’avoir des actionnaires.  
 
Avec mes calculs, j’arrive à une valeur de 5,48$/action.  Alors, puisque le ROE est de 15, on arrive à une valeur pour l’action de 82,15$ dans 5 ans.  Le rendement potentiel serait de 7,86% .  En ajoutant le dividende, le rendement serait de 11%.

 

Une dernière valeur que je calcule est la valeur comptable de l’entreprise.  Sur 10 ans, le taux de croissance de cette valeur pour la Banque Royale fut de 7,4%.  En effet, en 2002, la valeur comptable était de 14,10$ et aujourd’hui elle est de 29$.  
 
En extrapolant cette même croissance, on peut arriver à une valeur comptable de 41$.  Le prix de l’action serait donc environ de 80$ dans 5 ans, ce qui nous offre un rendement de 11% incluant le dividende.

 

Conclusion

Quand mes trois scénarios sont semblables et que je juge que le contexte dans lequel l’entreprise évolue est intéressant, j’achète l’action.  Pour la Banque Royale, 2 scénarios sur 3 sont intéressants.  Mais le premier scénario me dit qu’il est possible que je ne fasse pas d’argent avec ce titre, d’autant plus que je n’aime pas tellement le contexte actuel dans lequel cette banque évolue.

 

Souhaiteriez-vous devenir actionnaire de la Banque Royale?

 

Selon vous, lesquels de mes scénarios tient plus la route?

 

Il est clair que la Banque Royale est une bonne entreprise.  Par contre, pour faire de l’argent à la bourse, il est important de se garder une marge de sécurité et d’être conservateur dans nos scénarios.  Comme vous l’avez constaté, un de mes scénarios m’indique que le prix actuel est peut-être encore trop cher.  Alors, moi, je passe mon tour cette fois-ci.

 

2 commentaires à propos de “Investir dans la Banque Royale ?

  1. Si les gens veulent investir dans les banques, je crois qu’il y a de bien meilleur opportunité du côté des banques américaines. Je suis débutant à la bourse mais il me semble évident que les banques américaines ne sont pas encore complètement remises de la crise boursière.

    • Je suis d’accord avec toi. Je crois que les banques américaines sont encore sous-évaluées. De plus, le marché immobilier américain offre une marge de manoeuvre plus intéressante par rapport au Canada.