Investir dans les fonds communs de placement (la suite)

Pour faire suite à ma dernière chronique, il y a évidemment des inconvénients à investir dans les fonds communs de placement. Bien que ceux-ci ne soient pas dramatiques au point de s’empêcher d’y investir notre pécule, le fait de prendre conscience que ce véhicule de placement possède des faiblesses nous permet de mieux comprendre nos finances.

 

Alors, conséquemment à mon article de mardi dernier, voici ma liste des 5 inconvénients à investir dans les fonds communs de placement.

  1. Frais élevés
  2. Rendement très variable
  3. Conviens moins au spéculateur
  4. Diversification à outrance
  5. Peu de support du conseiller

 

Voyons en détail mon explication concernant ces inconvénients.

 

Frais élevés des fonds communs de placement

Évidemment, toute offre de service à son coût, n’est-ce pas?  Il est parfaitement normal de payer une personne pour s’assurer que son argent soit bien investi, respecte nos objectifs financiers et correspond à notre philosophie de placement.

 

Mais….., vous vous doutiez qu’il y avait un mais, il y a une certaine limite.  Les frais moyens au Canada sont de l’ordre de 2,5%. Certains fonds demandent plus et d’autres moins.  Il y a des fonds où les frais sont de l’ordre de 3-4%, comme les fonds distincts, qui procurent une assurance de rendement ou de conservation de son capital.

 

Alors, que d’autres, comme les fonds indiciels, les frais sont plutôt d’environ 1 à 1,5%.  Pourquoi une si grande variation?  En fait, pour les fonds distincts, l’investisseur doit se procurer une assurance pour justement « lui assurer » un rendement ou une conservation de son capital.  Pour les fonds indiciels, les frais sont faibles puisque le gestionnaire répliquera simplement l’indice sous-jacent.

 

Par conséquent, le gestionnaire achète les titres composant l’indice et le tour est joué. Le gestionnaire ne fait pas vraiment de recherches ou de visites des entreprises. La conséquence est donc moins de coûts pour la compagnie de fonds et donc, moins de coûts pour le détenteur de part, expliquant les frais moins élevés.

 

Mais bon, une fois cela précisé, pourquoi le 2,5% est-il dispendieux? Premièrement, en se comparant aux autres pays, le Canada se démarque comme étant l’endroit où les frais de gestion des fonds communs sont les plus élevés.  Les autres pays sont souvent sous la barre des 2%.  Ainsi, pour un produit équivalent, nous, on paie plus cher que la moyenne.

 

Deuxièmement, la performance des fonds communs de placement est souvent plus faible que les indices.  Je précise bien « en général », parce que plusieurs fonds réussissent à battre les indices sur du long terme.  Mais voilà, payer plus cher que tout le monde pour un rendement plus faible que la moyenne est un gros inconvénient pour moi.

 

Ma solution à cet inconvénient : À cet égard, pourquoi ne pas acheter des fonds indiciels et même des fonds négociés en bourse qui répliquent facilement les indices boursiers.  De cette façon, vous êtes certains de faire mieux que la majorité des investisseurs, et ce, à faible prix.  Effectivement, les frais de gestion de ces fonds sont en bas de 1%.

 

Rendement très variable

J’ajoute cet élément dans ma liste d’inconvénients puisqu’avec la panoplie de fonds sur le marché, il est évident qu’une multitude de rendements sont possibles. De ce fait, il devient difficile de s’orienter et de bien choisir son fonds en fonction du rendement possible de ceux-ci. Notre défi comme investisseur sera de bien choisir notre fonds commun de placement.

 

Ma solution : Il s’agit de faire ses devoirs.  Nous magasinons 3 semaines pour économiser 10$ pour notre nouveau réfrigérateur, mais nous achetons n’importe quel produit financier que notre conseiller nous offre.  Faites travailler votre conseiller.  Demandez-lui quel fut le rendement de ce fonds lors des dernières années?  Depuis quand le gestionnaire est-il en place?  Comment a réagi le fonds lors de la débâcle de 2008-2009? Bref, soyez intéressés par vos finances…

 

Spéculateur s’abstenir

La plupart des gestionnaires de fonds communs de placement ont une approche fondamentale dans la sélection des titres.  Ainsi, leurs perspectives du marché sont plutôt sur le long terme.  Des investisseurs, ou devrais-je dire spéculateurs, qui pensent détenir leurs parts de fonds quelques jours voir quelques heures et les revendre à profit par la suite font fausse route avec ce type de placement.

 

Ma solution : En fait, c’est de ne pas spéculer en bourse.  Personne n’est capable de prédire ce que feront les marchés au cours des prochains jours ou semaines. Tout le monde se pense plus fin et tentent de prédire les marchés et titrer profit des volatilités à court terme.

 

Je vous suggère de vous tenir loin de cette philosophie, surtout si vous débutez dans ce merveilleux monde de l’investissement. D’autant plus qu’un outil comme les fonds est justement fait pour éviter de jouer à la bourse, mais plutôt d’investir à la bourse. Alors, ne vaut-il pas mieux partir du bon pied?

 

Diversification à outrance

Ce que l’on souhaite avec un fonds est évidemment de faire mieux que les indices. Pourquoi?  Et bien simplement parce que nous payons une équipe de professionnels pour choisir, parmi les nombreux titres possibles, ceux ayant les meilleures perspectives. Malheureusement, une majorité de fonds possèdent plus de 50 et même 100 titres en portefeuilles.  
 
Ce type de diversification élimine les bons coups des gestionnaires.  Effectivement, votre gestionnaire a déniché le titre de l’heure… mais à aussi acheter les 35 autres qui ont fait piètre figure. Résultat, en tout et partout, le rendement de votre portefeuille est très moyen.

 

Ma solution : Tend qu’à acheter plusieurs titres pourquoi ne pas acheter tous les titres de l’indice comme un fonds indiciel?  Notre rendement ne sera pas supérieur à l’indice, mais au moins, il sera dans la moyenne.

 

Un petit critère que j’utilise pour réduire cet inconvénient est de regarder le pourcentage des titres en portefeuille.  Je m’explique. Tous les fonds montrent leurs 10 premières positions en portefeuille.  Une fois les positions énumérées, ils indiquent le pourcentage de ces 10 positions dans le portefeuille.
 
Mon critère à moi est que si ces 10 titres représentent au moins 50-60% du portefeuille, cela veut dire que le fonds est relativement bien diversifié, tout en étant un peu concentré.  Avec ce ratio, je sais que mon fonds est diversifié puisque j’ai plusieurs titres en portefeuille, mais tout même concentré parce que seulement 10 titres représentent plus de la moitié des positions du portefeuille.

 

Peu de support des conseillers

Sans mettre tous les conseillers dans le même bateau, les représentants de fonds communs ne suivent pas suffisamment de près leurs clients.  Pour être passés par là, et à force de parler de ce sujet avec amis et collègues de travail, la majorité des conseillers suivent une recette pour constituer votre portefeuille.
 
Premièrement, ils nous font remplir un questionnaire et selon nos réponses, on fait partie du groupe A, B ou C.  Et évidemment, chaque lettre correspond à un portefeuille type.  Voilà, votre portefeuille est déjà complété.  Et au suivant…

 

J’ai la profonde conviction que les conseillers ne souhaitent pas agir de la sorte.  Par contre, travaillant pour des institutions qui souhaitent performer et performer, la solution unique pour chaque client avec un portefeuille de fonds sur mesure n’est pas favorisée.  
 
On préfère le volume et attitrer des centaines de personnes à un même conseiller.  C’est illogique de demander à une personne de suivre le portefeuille de centaines de personnes et de les rencontrer une à deux fois par année.

 

Ma solution : Évidemment, je vous souhaite de devenir des mordus de placement comme moi.  J’en apprends tous les jours et c’est un véritable plaisir.  Il est possible de s’occuper de ses finances soi-même, mais il faut être motivé.  On peut aussi juste être alerte et bien choisir son conseiller qui lui, choisira nos placements pour nous.
 
Il n’y a pas de mal à faire les deux.  Moi-même, je gère une bonne partie de mes avoirs et de ma conjointe.  Par contre, j’ai aussi choisi un gestionnaire pour une portion des actifs que je possède. Deux têtes valent mieux qu’une, n’est-ce pas?

 

En avez-vous appris plus sur les avantages et inconvénients des fonds communs?

Gérez-vous une portion ou la totalité de vos actifs financiers?

 

Ce deuxième article est plus long que celui de mardi dernier.  Ne pensez pas que puisque l’article traitant des inconvénients est plus long que l’on doit éviter les fonds communs de placement.  C’est une belle invention, encore faut-il s’en servir intelligemment.  

 

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  • à quel endroit acheter des fonds indiciels

2 Replies to “Investir dans les fonds communs de placement (la suite)”

  1. Bonjour,
    J’y connais strictement rien dans ce domaine, mais j’aime ton initiative.
    Une question – Est-ce que tes conseils sont pour l’international ou juste pour ta cabane au Canada ?
    Merci à toi

    • Salut Didier,

      Tant mieux, c’est l’objectif du blog. Soit de donner des idées et surtout des connaissances dans le domaine des finances personnelles pour que ça soit moins chinois 🙂

      Je dirais que 95% de mon contenu sera international. Il va de soi qu’il y a surtout des particularités au point de vue fiscal. Mais tout de même, vous avez des comptes d’épargne retraite et des comptes libres d’impôts comme nous. En bout ligne, les concepts pour arriver à bien comprendre ses finances s’appliquent à tous. Merci pour le clin d’oeil de ma cabane au Canada… très drôle 🙂